J’entends par « bidouiller » le fait de multiplier les petites actions de mains en quelques secondes, comme faire « droite-gauche » ou pianoter sur les rênes. Voici pourquoi ce n’est pas la meilleure solution pour vous et votre cheval.

1. Cela révèle une cavalière pressée

Bidouiller indique souvent une cavalière qui cherche à obtenir un résultat immédiat et rapide, sans laisser au cheval le temps nécessaire pour comprendre ce qu’on lui demande. Cela peut sembler fonctionner sur le moment, un peu comme l’utilisation d’un enrênement, mais une fois l’action stoppée, rien ne reste en place.

Pourquoi ? Parce que ni le cheval, ni la cavalière n’ont véritablement compris le processus. Le cheval, pressé par les actions répétées, se soumet sans comprendre. Le résultat ne le considère pas et n’est donc pas durable.

« Je veux que mon cheval comprenne ce que je lui demande, pas simplement qu’il réagisse mécaniquement. »

2. Cela empêche le cheval de devenir autonome

En multipliant les actions, vous privez le cheval d’apprendre à réagir seul et à comprendre ce qui est attendu. Vous devenez dépendante de ces petits gestes qui doivent être répétés constamment. Le cheval, de son côté, n’intègre jamais le pourquoi de ses actions et ne devient pas autonome.

Cela crée une situation où la cavalière « tient » son cheval en place, mais dès que ces actions cessent, le cheval perd son attitude car il ne sait pas comment la maintenir seul.

« Je veux un cheval qui sache répondre de lui-même. »

3. Méconnaissance des besoins fondamentaux du cheval

Un cheval a plusieurs besoins essentiels pour être pleinement volontaire et engagé dans son travail.

Besoin de confort

Le cheval est toujours à la recherche de confort. Il doit être récompensé par une cessation de la pression lorsque la bonne réponse est trouvée. Si vous maintenez un flot continu d’actions, le cheval ne trouvera jamais de confort, ce qui diminue sa motivation à travailler avec vous.

Besoin de temps

Chaque cheval est unique et a son propre rythme pour assimiler une demande. Si vous êtes constamment en action, vous ne lui laissez pas le temps de réfléchir et de trouver la bonne réponse par lui-même. En lâchant prise sur le temps que votre cheval met à comprendre, vous encouragez son intelligence et l’aidez à devenir de plus en plus réactif de sa propre initiative.

Besoin de clarté

Un cheval, comme tout élève, a besoin de netteté : 1 action = 1 demande = 1 réponse. Bidouiller envoie une multitude d’informations simultanées, le laissant confus. Ce manque de clarté l’incite à abandonner toute réflexion et à se soumettre à un comportement dicté par l’inconfort plutôt que par la compréhension.

« Je veux que mon cheval ait confiance en moi et comprenne ce que je lui demande. »

4. Méconnaissance du fonctionnement naturel du cheval

Les chevaux apprennent à céder à la pression. En selle, le même principe s’applique : en bidouillant, vous annulez la cohérence de ce principe.

Si l’attitude de votre cheval n’est pas juste et que vous souhaitez qu’il baisse la tête, voici comment cela fonctionne naturellement dans son apprentissage :

Action claire

Émettez une pression uniforme et cohérente vers le bas sur les deux rênes. Vos mains doivent agir ensemble, comme si elles ne faisaient qu’une.

Restez patiente

Donnez au cheval le temps de comprendre. Il peut peut-être se tromper ou résister, alors continuez votre action et laissez-le réfléchir.

Récompensez

Dès que le cheval donne la bonne réponse, cessez immédiatement votre action. Le cheval associera cette cession à un retour au confort, et au fil du temps, il saura comment rester dans cette attitude sans que vous deviez constamment intervenir.

Bâtissez une relation de confiance et de compréhension

Le bidouillage est contre-productif car il empêche le cheval de comprendre les attentes de la cavalière et de devenir autonome. En revanche, en adoptant des actions claires, en lui donnant le temps nécessaire pour comprendre, et en récompensant chaque bonne réponse par un retour au confort, vous construirez une relation basée sur la confiance, la communication et l’engagement mutuel.